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Introduction
Les grands cyclistes ont tous un style propre et une technique particulière durement élaborée suite à des années de pratiques. Un point critique, et toujours controversé, de cette technique est celui de la mobilité de la cheville. On a qu’à regarder Anquetil, Merckx, Hinault, Armstrong et Contador pour se rendre compte que la question est loin de faire l’unanimité. Est-il plus efficace de garder les pieds fixes ou de les fléchir suivant la révolution du pédalier?
Afin de répondre à cette question, nous nous concentrerons sur les principes physiques liés à la mécanique du mouvement. Pour obtenir une réponse absolue, il faut tout de même considérer plusieurs autres facteurs tels que le mouvement de pousser et de tirer, les muscles impliqués et la consommation énergétique reliée à chacun, la position de la selle et tant d’autres.
La problématique
Il faut tout d’abord convenir des contraintes mécaniques imposées par le système du pédalier. Les forces exercées sur les pédales le sont à partir des hanches, étant un point fixe. Il en résulte donc deux points morts où les contraintes de poussées tendent uniquement à comprimer où à étirer la manivelle. À ces points, l’énergie générée par le cycliste sert essentiellement à déformer la pièce, c’est ce que l’on peut observer à la figure 1. En vert, on retrouve les zones de puissances où les muscles exercent la plus grande force sur les pédales. En blanc, ce sont les zones médianes et sont de puissance variable entre le maximum et le minimum. En rouge, on observe les zones mortes et sont des points difficiles à passer de par la physionomie humaine, car il est difficile d’exercer de la pression sur les pédales. L’inertie sert souvent à passer ces points. Pour passer ces deux zones, il existe deux principales philosophies soit de garder les chevilles fixes ou mobiles.
Figure 1 – Répartition approximative de la force exercée sur les pédales lors d’une révolution du pédalier
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Autres considérations
Avant tout, il est important de savoir que la position des pieds sur les pédales est également influencée par le nombre de révolutions par minute pendant l’effort.
On peut constater en regardant la figure 4 que la jambe intervient dans le passage du point mort bas (180°). Cela explique aussi le fait qu’il y ait moins de puissance développée à cet endroit, les muscles étant plus petits. Cela s’applique pour ceux qui utilisent une rotation de la cheville.
Figure 5 – Utilisation des différents muscles des membres inférieurs lors d’une révolution du pédalier

Source : http://ucsdcycling.org/?page_id=171
Garder les pieds fixes
Certains cyclistes considèrent qu’il est plus avantageux de garder les pieds bien droits, sans aucune rotation de l’articulation de la cheville. Les motifs d’une telle pensée résident sur le principe de transmission de la force. On suppose ainsi que le transfert de l’énergie de la cuisse sera plus efficace si l’articulation est barrée. Aussi, on croit qu’il n’est pas nécessaire de modifier l’angle de la cheville puisque la poussée est exercée indépendamment de la position de la pédale, avantage grandement facilité par les « clips». La force est transmise de façon perpendiculaire à la pédale grâce à la façon de tirer/ pousser des cuisses.
Figure 2 - Estimation de la position du pied pendant une révolution du pédalier avec la cheville fixe

On note tout de même une légère inclinaison de la cheville lors du passage des zones mortes. Les flèches sont droites pour illustrer la rigidité de la cheville dans le mouvement et cela n’enlève pas la fluidité globale du geste.
Avec flexion de la cheville
À l’inverse, un autre courant de pensée préconise une cheville qui « flatte » les pédales. On prétend donc ajouter une fluidité au mouvement permettant de le rendre plus naturel. En fait, on croit que ce mouvement est plus efficace, car l’angle de poussée/ traction est contrôlé par la flexion de la cheville pour être exercé perpendiculairement au bras de levier. Sur ce point, il n’y a guère d’avantages, sinon qu’une perception. Là où une différence s’opère, c’est avec l’implication de la jambe (gastrocnémien, soléaire, tibial postérieur et des longs fléchisseurs) dans le mouvement. On additionne à la puissance de la cuisse celle de ce groupe de muscle par la flexion de la cheville. C’est grâce à cette nouvelle énergie que l’on pourra passer les zones mortes plus facilement. Il existe deux sous-techniques des pieds mobiles, l’une consistant à toujours garder les pieds pointés vers le bas et l’autre d’alterner, pointés vers le bas et vers le haut. La différence est observable entre 315° et 45°. En général, les cyclistes utilisant ces techniques ont les mollets beaucoup plus développés.
Figure 3 – Estimation de la position du pied pendant une révolution du pédalier avec la cheville mobile et le pied pointé vers le bas
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Figure 4 – Estimation de la position du pied pendant une révolution du pédalier avec la cheville mobile et le pied pointé vers le bas et puis vers le haut
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Conclusion
Somme toute, le transfert énergétique de l’homme vers le vélo repose sur plusieurs contraintes mécaniques et biomécaniques et c’est l’agencement le plus complémentaire qui permet la plus grande efficacité. Pour passer les zones mortes, les cyclistes ont recours à deux principaux moyens soit de garder les chevilles fixes ou de les fléchir. La flexion les chevilles engendrent davantage de dépensent énergétiques que de les garder fixes, mais en revanche cela procure plus de puissance. C’est donc un compromis entre la puissance exigée et la minimisation de la perte calorifique. Cet amalgame doit par conséquent être considéré en fonction du terrain, de la météo et des concurrents.
Pour ma part, je préfère flatter mes pédales en utilisant la technique #2. Je varie seulement l’intensité de ma poussée pour passer les points morts et parfois je fléchis la cheville sans forcer, j’utilise l’inertie pour passer le point mort bas.
Quel est votre technique et pourquoi jugez-vous qu’elle est plus efficace? Y a-t-il des considérations supplémentaires à apporter à ces techniques? Y a-t-il des moments plus opportuns pour l’une ou l’autre de ces techniques?
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Après les cyanos, la didymo !

« La peur nous a envahi lorsque
didymo est arrivée. Une panique s’est installée...»
En juillet 2006, un pêcheur soucieux de sa rivière s’est présenté dans les locaux de l’Organisme de Bassin-Versant Matapédia-Restigouche. Mireille Chalifour, directrice générale de l’organisme, s’est alors questionnée sur l’identité de ce tapis à texture de laine mouillée. Puis, après maintes recherches, elle a découvert qu’il s’agissait de l’algue didymo. « La peur nous a envahi lorsque didymo est arrivée. Une panique s’est installée...», dit-elle. Cette algue est un mystère en soi. À ce jour, il n’existe que peu d’informations permettant de comprendre pourquoi elle se développe dans nos rivières et quels sont les impacts qui découlent de sa présence. Premièrement, cette diatomée possède une cellule, aussi appelée frustule, en forme de bonbon qui sécrète des tubes creux comparables à des pailles. L’agglomération de tubes forme le tapis algal
Frustule de didymo
*Prolifération en Nouvelle-Zélande
En Nouvelle-Zélande, les tapis de didymo peuvent atteindre une épaisseur impressionnante de 1 mètre! Dans ce pays, cette algue est tellement problématique qu’elle cause une perte annuelle financière pour l’industrie touristique d’environ 100 millions de dollars. Certes, l’aspect de l’algue n’a rien d’attrayant, diminuant ainsi la qualité des activités récréotouristiques, telle que le canôt-kayak.
L’algue didymo, malgré le fait qu’elle serait « native » de l’Amérique du Nord et qu’elle y est présente depuis longtemps, aurait tout récemment adopté un comportement d’envahisseur. Selon certaines études effectuées en Nouvelle-Zélande et à l’Université du Colorado, les semelles de feutre seraient le vecteur principal. Les cellules de didymo resteraient piégées à l’intérieur de la semelle. Ainsi, il serait possible de croire que de l’équipement de pêche utilisé dans un cours d’eau touché par cette algue aurait été utilisé dans la rivière Matapédia. Nous ne pouvons conclure que c’est en 2006 qu’elle a fait son arrivée, mais nous pouvons dire que les conditions environnementales étaient réunies pour causer une prolifération massive. En effet, au cours de cette année, le niveau des rivières était extrêmement bas à cause des faibles précipitations.
Les impacts économiques
Jusqu’à maintenant, nous savons que l’algue didymo ne nuit pas à la santé humaine. Toutefois, les proliférations viennent considérablement diminuer la valeur esthétique des rivières touchées. En fait, lorsque les amas de tapis se décrochent du lit de la rivière, ceux-ci ressemblent à du papier hygiénique à la dérive. L’économie locale de la section aval du bassin versant de la rivière Matapédia dépend presqu’exclusivement des retombées de la pêche sportive au saumon atlantique. Cette espèce, très vulnérable, ne peut se permettre qu’une perturbation compromette davantage sa pérennité. Gaston Lepage, acteur québécois et saumonier, mentionne que « la qualité de pêche est diminuée par l’algue didymo. Le doute engendré par sa présence et son impact sur la suite des choses...Le saumon a déjà assez de misère de même! ».
Importance de la recherche
Il n'existe actuellement aucune information rigoureuse permettant d'évaluer son impact potentiel sur les populations de saumon atlantique. Or, il s'avère crucial de mieux comprendre les effets de didymo sur les différents stades de vie du saumon. Une étude réalisée à l’Université du Québec à Rimouski a démontré que les tapis de didymo modifient l’abondance et la proportion d’insectes aquatiques, principale ressource alimentaire pour les saumons juvéniles. Lorsque nous modifions la base d’une chaîne alimentaire, il n’y a nul doute qu’il y aura des répercussions sur les niveaux supérieurs. Gaston Lepage a réalisé une annonce publicitaire pour les Rôtisseries St-Hubert. Il a versé son cachet pour la recherche sur l’algue didymo. « La cause du saumon me tient à cœur. Je tenais à contribuer afin que ça compte pour le futur, de savoir à quoi s’en tenir avec cette algue là ». Ainsi, plusieurs efforts sont actuellement déployés afin d’évaluer si didymo a un impact négatif.
Où est-elle à l’heure actuelle?
La distribution actuelle de l’algue didymo au Québec s’étend sur la quasi-totalité des rivières à saumon de la Gaspésie et du nord du Nouveau-Brunswick. Les observations des proliférations sous-estiment grandement l’étendue réelle de sa présence dans les rivières. Ceci s’explique par le fait que didymo ne se manifeste pas toujours par une prolifération massive. Parfois, seuls des petits pompons sont décelables.
Que nous réserve l’avenir?
Nous ne pouvons pas le nier: Didymo est ici pour rester. À chaque nouvelle saison estivale, elle revient en force. Toutefois, nous ne pouvons prédire ni l’ampleur des proliférations, ni les moments auxquels elles auront lieu. Didymo, malgré la méconnaissance du phénomène et la portée de son impact sur la population de saumon atlantique, nous rappelle à quel point nous sommes des vecteurs de propagation. Didymo est une parmi tant d’autres espèces envahissantes pouvant nuire à nos écosystèmes et qui, ultimement compromettraient la biodiversité de nos milieux aquatiques.
Liens utiles
Maintenant que vous connaissez les impacts potentiels de la présence de cette algue dans nos rivières, vous avez la responsabilité de ne pas la répandre davantage. Vous pouvez communiquer vos observations de l’algue didymo par téléphone au Ministère du Développement Durable de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) du Québec au 1 800 561-1616. Afin de lire davantage sur ces espèces qui nous envahissent, veuillez consulter le site internet du MDDEP www.mddep.gouv.qc.ca ainsi que celui d’Environnement Canada www.especesenvahissantes.gc.ca.
http://www.restigouche.org/reports/didymo_fr.pdf
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UN CHEF MICMAC DONNE UNE LEÇON AUX FRANÇAIS
Par Mike
Avant de lire ce texte, il est important que vous en compreniez le contexte. Sachez simplement que ce texte date de la fin du 17ème siècle, qu’on le doit au père Leclercq, un religieux Récollet ayant vécu parmi les micmacs (autochtones de la Gaspésie) pendant plusieurs années. Cet homme de lettre et de foi connaissait bien leur langage, leurs mœurs, il avait même créé un dictionnaire micmac-français qui s’est malheureusement perdu aujourd’hui. Ce texte est en fait le compte-rendu de la réponse d’un chef Micmac, alors que le père Leclercq essaie de convaincre les Micmacs de bâtir des maisons et de vivre à la française.
Bonne lecture.
Au père Le Clercq, qui s’est fait le porte-parole de certains Français en invitant les Micmacs à se construire des maisons et à vivre à la française, le chef des Gaspésiens répond en ces termes :
« Je m’étonne fort que les Français aient si peu d’esprit qu’ils en font paraître dans ce que tu me viens de dire de leur part pour nous persuader de changer nos perches, nos écorces et nos cabanes en des maisons de pierre et de bois qui sont hautes été levées, à ce qu’ils disent, comme ces arbres. Hé quoi donc! Pour des hommes de cinq à six pieds de hauteur, faut-il des maisons qui en aient soixante ou quatre-vingts? Car enfin, tu le sais bien toi, Patriarche, ne trouvons-nous pas dans les nôtres toutes les commodités et les avantages que vous avez chez vous, comme de coucher, de boire, de dormir, de manger et de nous divertir avec nos amis, quand nous voulons? »
Puis, s’adressant à l’un des Français présents : « Ce n’est pas tout. Mon frère, as-tu autant d’adresse et d’esprit que les sauvages, qui portent avec eux leurs maisons et leurs cabanes pour se loger partout où bon leur semble, indépendamment de quelque seigneur que ce soit? Tu n’es pas aussi brave ni aussi vaillant que nous, puisque, quand tu voyages, tu ne peux porter sur tes épaules tes bâtiments ni tes édifices; ainsi, il faut que tu fasses autant de logis que tu changes de demeure, ou bien que tu loges dans une maison empruntée et qui ne t’appartient pas. Pour nous, nous nous trouvons à couvert de tous ces inconvénients et nous pouvons toujours dire plus véritablement que toi que nous sommes partout chez nous, parce que nous nous faisons facilement des cabanes partout où nous allons, sans demander permission à personne.
« Tu nous reproches assez mal à propos que notre pays est un petit enfer, par rapport à la France que tu compares au paradis terrestre, d’autant qu’elle te fournit, dis-tu, toutes sortes de provisions en abondance; tu nous dis encore que nous sommes les plus misérables et les plus malheureux de tous les hommes, vivant sans religion, sans civilité, sans honneur, sans société et, en un mot, sans aucune règle, comme des bêtes dans nos bois et dans nos forêts, privés du pain, du vin et de mille autres douceurs que tu possèdes avec excès en Europe.
« Hé bien! mon frère si tu ne sais pas encore les véritables sentiments que nos sauvages ont de ton pays et toute ta nation, il est juste que je te l’apprenne aujourd’hui. Je te prie donc de croire que, tous misérables que nous paraissions à tes yeux, nous nous estimons cependant beaucoup plus heureux que toi, en ce que nous sommes très contents du peu que nous avons; et crois encore une fois, de grâce, que tu te trompes fort si tu prétends nous persuader que ton pays (est) meilleur que le nôtre. Car si la France, comme tu dis, est un petit paradis terrestre, as-tu de l’esprit de la quitter? Et pourquoi abandonner femme, enfants, parents et amis? Pourquoi risquer ta vie et tes biens tous les ans et te hasarder témérairement en quelque saison que ce soit aux orages et aux tempêtes de la mer, pour venir dans un pays étranger et barbare que tu estimes le plus pauvre et le plus malheureux du monde?
« Au reste, comme nous sommes entièrement convaincus du contraire, nous ne nous mettons guère en peine d’aller en France, parce que nous appréhendons avec justice d’y trouver bien peu de satisfaction, voyant par expérience que ceux qui en sont originaires en sortent tous les ans pour s’enrichir dans nos côtes. Nous croyons de plus que vous êtes incomparablement plus pauvres que nous et que vous n’êtes que de simples compagnons, des valets, des serviteurs et des esclaves, tout maîtres et tout grands capitaines que vous paraissiez, puisque vous faites trophée de nos vieilles guenilles et de nos méchants habits de castor qui ne nous peuvent plus servir, et que vous trouvez chez-nous, par la pêche de morue que vous faites en ces quartiers, de quoi soulager votre misère et la pauvreté qui vous accable. Quant à nous, nous trouvons toutes nos richesses et toutes nos commodités chez nous-mêmes, sans peines, et sans exposer nos vies aux dangers où vous vous trouvez tous les jours par de longues navigations; et nous admirons, en vous portant compassion dans la douceur de notre repos, les inquiétudes et les soins que vous vous donnez nuit et jour afin de charger votre navire; nous voyons même que tous vos gens ne vivent ordinairement que de la morue : morue au matin, morue à midi, morue au soir, et toujours morue; jusque-là même que, si vous souhaitez quelque bon morceau, c’est à nos dépens, et vous êtes obligés d’avoir recours aux sauvages que vous méprisez tant pour les prier d’aller à la chasse, afin de vous régaler.
« Or, maintenant, dis-moi donc un peu, si tu as de l’esprit, lequel des deux est le plus sage et le plus heureux : ou celui qui travaille sans cesse et qui n’amasse qu’avec beaucoup de peines de quoi vivre, ou celui qui se repose agréablement et qui trouve ce qui lui est nécessaire dans le plaisir de la chasse et de la pêche? Apprends donc, mon frère, une fois pour toutes, puisqu’il faut que je t’ouvre mon cœur, qu’il n’y a pas de sauvage qui ne s’estime infiniment plus heureux et plus puissant que les Français. »
(Le Clercq, sans date; cité dans Vachon, 1968 : 87-91)
Tiré du document « Mythes et réalités sur les peuples autochtones » p.10-11
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Cuisiner dans son vestibule de tente
Par François Denis, Patricia Stimpson et Jean-François Veilleux
Bien que ce soit possible de cuisiner dans votre vestibule de tente, gardez en tête les risques impliqués. En cuisinant dans un endroit fermé, votre plus grand ennemi est le monoxyde de carbone (CO). Si vous commencez à avoir un mal de tête, la nausée ou des étourdissements, sortez immédiatement de la tente pour respirer de l’air frais - une intoxication au CO est sournoise et brusque.
Si vous cuisinez dans votre tente, soyez sûr d’avoir 1) une excellente aération et 2) la possibilité de lancer le réchaud à l’extérieur de la tente s’il s’enflamme. Le CO est produit davantage lorsque le réchaud est en train de se réchauffe; les flammes orange ne permettent pas une combustion complète et produisent plus de CO que les flammes bleues. Si vous ne parvenez pas à obtenir une combustion complète, poursuivez la cuisine à l’extérieur. Évitez de régler le réchaud au plus bas; lorsqu’on mijote, c’est le réglage qui produit le plus de CO. En étant conscient de tous ces phénomènes, il est possible de cuisiner dans sa tente en toute sécurité.
Parmi les différents types de réchauds, celui au propane est le plus sécuritaire, suivi de celui au naphte. Un réchaud à l’alcool est cependant le plus dangereux, puisque c’est celui qui émet le plus de monoxyde de carbone (CO).
Le réchaud peut être placé sur le plancher du vestibule. Toutefois, la neige a tendance à fondre en-dessous du brûleur; faites attention aux chaudrons renversés! Pour palier à ce problème, vous pouvez suspendre votre réchaud dans votre vestibule avec un système semblable à l’image ci-contre. C’est beaucoup plus stable ainsi.
Une option intéressante qui permet de réduire les émissions de CO dans la tente est de cuisiner à l’extérieur du vestibule, juste à l’entrée de la tente. On peut s’asseoir sur notre matelas de sol, avoir les pieds dans le trou du vestibule de tente et installer notre réchaud sur la neige à l’extérieur. Ainsi, la tente est ouverte et aérer, le CO est principalement à l’extérieur et nous sommes toujours à l’abri du vent. Le schéma ci-dessous illustre bien la situation.
Parmi les avantages de cuisiner dans son vestibule, il y a le fait qu’on est à l’abri du vent et des intempéries. Le réchaud dégage un peu de chaleur et permet de rendre l’habitacle plus douillet que l’environnement extérieur. Profitez de cette source de chaleur pour faire sécher vos vêtements!
Toutefois, la combustion du naphte libère une bonne quantité d’humidité qui se collera aux parois de votre tente et fera du frimas. À cela s’ajoute la vapeur qui s’échappe du chaudron; ne le laissez pas bouillir à l’intérieur de la tente, par souci de gestion d’humidité. Assurez-vous d’avoir une bonne ventilation.
On ne pourra pas le répéter assez souvent : soyez certain d’avoir une excellente aération et d’être en mesure de lancer votre réchaud au bout de vos bras s’il y a un problème. En terminant, assurez-vous de bien connaître votre réchaud en hiver avant de tenter de l’allumer dans votre tente. Il vaut mieux cuisiner dehors sous un peu de neige, au lieu de courir le risque de brûler votre vestibule ou de vous intoxiquer au CO.
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Cuisiner dehors en hiver
Par François Denis, Patricia Stimpson et Jean-François Veilleux
Après une longue journée de ski ou de raquette, il n’y a rien de plus réconfortant que de se rassembler autour d’une bonne bouffe! Chacun pourrait rentrer dans sa tente et cuisiner pour soi, mais c’est beaucoup plus agréable de se retrouver en groupe et partager ce moment. L’avantage du camping d’hiver est que la neige se prête bien aux constructions de toutes sortes. Bien qu’il y ait une multitude de possibilités pour construire une cuisine dans la neige, l’article suivant vous guidera dans les éléments clés que votre cuisine doit avoir.
Cuisine d’un soir
Puisque cette cuisine ne servira que pour deux repas, elle doit être rapide à construire et présenter deux structures essentielles : un comptoir et une banquette. Ne perdez pas de temps avec les étagères, les marches, etc. S’il neige, pensez à mettre une bâche par-dessus la cuisine. S’il vente, érigez des murs pour protéger la cuisine du vent.
Désignez une section qui demeurera propre; ce sera là que la neige sera prise pour faire de l’eau. À l’opposé, choisissez un lieu où les eaux usées seront déversées. Étant donné que la cuisine est blanche, il n’est pas appétissant de voir des restes de chocolat chaud et de gruau étendus partout.
Cuisine pour camp fixe
La différence entre une cuisine temporaire et fixe est le confort. La cuisine devient le lieu de rassemblement et elle doit être aménagée dans cette optique. Par exemple, il peut y avoir des bancs face à face pour inciter les interactions entre les personnes. On peut faire des étagères pour ranger les chaudrons, réchauds, nourriture, etc. On peut aussi penser aux grands et petits membres de l’équipe en faisant des comptoirs de hauteurs différentes.
Tout dépendant de la température, on peut mettre une bâche ou non. Si on met une bâche, la technique la plus polyvalente est de fixer trois coins de la bâche dans la neige et de surélever un coin (dans l’entrée) au moyen d’un ski ou d’une perche. Ainsi, lorsque le temps est mauvais, on peut baisser le quatrième coin et avoir une cuisine bien isolée. Il est aussi intéressant de creuser la cuisine d’une bonne profondeur et de monter des murs de neige tout le tour. Comme ça, vous pouvez asseoir la bâche sur les murs de manière à ne pas avoir de vent. Les hauts murs vous permettront d’avoir assez d’espace sous la bâche pour vous tenir debout.
Une source lumineuse autre qu’une lampe frontale est réconfortante. Une « candlelight », un fanal ou des chandelles placées dans des alcôves dans les murs de la cuisine créent une belle ambiance.
Lorsque la cuisine servira à un grand groupe de personnes, elle doit non seulement être plus grande, mais elle doit comporter une salle à manger. Ce n’est pas intéressant de manger en groupe lorsque le bruit des réchauds enterre les conversations. Une option intéressante est de construire deux lieux distincts : une cuisine et une salle à manger qui servira également d’emplacement pour les retours de groupe.
Trucs et astuces en cuisinant
Une fois le pelletage et le modelage terminés, voici quelques trucs et astuces pour cuisiner dans votre nouvelle cuisine :
- Apprenez à connaître votre réchaud. Il ne fonctionne pas de la même façon en hiver qu’en été. C’est une bonne idée de faire des essais chez soi sur son balcon, au lieu d’être pris sur le terrain, à la noirceur, à se geler les mains avec un réchaud qui ne coopère pas.
- Fabriquez une plaque pour placer sous votre réchaud. Ça peut être une plaque d’immatriculation, un carton rigide recouvert d’aluminium, une plaque d’aluminium, etc. Elle servira à garder le réchaud à niveau; sans cela, il a tendance à renverser avec la neige fondante. Plus d’un souper sera sauvé grâce à cet outil!
- Évitez des gamelles et des ustensiles en métal; optez plutôt pour des « tupperwares » et du plastique. Moins froid et plus léger!
- Fabriquez une gamelle isolée en entourant un plat « tupperware » d’un matelas de sol, recouvert de duct tape. D’une part, la nourriture reste chaude plus longtemps. D’autre part, on peut y faire réhydrater un repas pendant qu’on vaque à d’autres occupations.
- Pour éviter les dégâts, un truc est de faire des trous dans le comptoir pour les thermos et les nalgènes. Ainsi, en les remplissant, ils ont moins tendance à verser et on n’a pas besoin de les tenir avec une main, risquant ainsi de s’ébouillanter et de se salir.
- La neige brûle! Faites attention lorsque vous faites fondre de la neige. Si elle est mise dans un chaudron vide qui a chauffé sur le réchaud, elle brûlera au lieu de fondre. Pour remédier à la situation, le moyen le plus simple est de mettre un fond d’eau dans le chaudron et d’y ajouter la neige petit à petit. Faute d’avoir de l’eau, il faut commencer à faire fondre la neige à feu doux et brasser constamment jusqu’à l’obtention d’un fond d’eau.
- À moins de faire du « cup cooking », pensez à amener deux chaudrons : un pour les repas et un pour faire fondre l’eau. Ce n’est pas intéressant lorsque l’eau du matin goûte le chili de la veille.
- Ne jamais gaspiller l’eau! Vous pouvez vous servir des excédants de toutes sortes de manières : le surplus d’eau qui a réhydraté le chili fera une bonne base de soupe, faites vous un 2e chocolat chaud, remplissez vos bouteilles Nalgène la veille, donnez-la à une autre équipe, buvez-la, mais ne la jetez pas!
- Si vous installez une bâche au-dessus de votre cuisine, soyez sûrs qu’elle est assez haute autour du comptoir. Lorsque vous préchaufferez vos réchauds, la hauteur que peuvent atteindre les flammes est assez surprenante.
Bien que cet article donne une bonne idée sur comment construire votre cuisine, n’hésitez pas à faire preuve d’imagination et innover un nouveau genre de cuisine qui convient le mieux à vos besoins. Il ne vous reste plus qu’à faire votre épicerie et partir à l’aventure!

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Dormir dehors en hiver : Tente ou abri de neige?
Par François Denis, Patricia Ann Stimpson et Jean-François Veilleux
Dormir confortablement dehors en hiver? C’est possible!
Que ce soit dans une tente ou dans une construction de neige.
L’article qui suit décrit comment monter un abri qui convient à vos besoins…
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Tentes
Tente quatre saisons
L’avantage d’une tente en camping d’hiver est qu’elle rapide et simple à monter. C’est l’abri le plus polyvalent par rapport aux différentes conditions environnementales (relief, obstacles, épaisseur de la neige). C’est aussi un abri ergonomique pour votre matériel, on peut tout y entreposer contrairement à un tombeau. Le désavantage est que la chaleur se conserve peu et que l’humidité s’accumule pendant la nuit, givrant les parois de la tente. C’est difficile d’aérer adéquatement l’espace. Il faut aussi penser qu’il faut transporter le poids supplémentaire de la tente : quelques livres de plus vont peut-être être de trop…
Afin de monter une tente, voici les étapes à suivre :
- Choisissez l’emplacement : relief plat, protégé du vent, eau à proximité, pas de risques d’avalanches, absence d’obstacles (trou, chicot, roche…)
- À l’endroit où se trouvera la tente, tapez la neige à l’aide de skis ou de raquettes.
- Laissez durcir la surface pendant une quinzaine de minutes. Profitez de ce moment pour commencer un chaudron d’eau chaude.
- Montez la tente et tendez les cordes à l’aide de piquets à neige, de « deadman » ou de parachutes remplis de neige. Les piquets peuvent être remplacés par des skis ou des bâtons de ski. Une branche, une roche, un bâton ou un ski peuvent faire office de « deadman ». Faites attention pour ne pas tendre une corde près d’un sentier fréquenté; sinon, identifiez-la avec du ruban fluorescent.
- (Facultatif) Montez des murs de neige de chaque côté de la tente, afin d’éviter que le vent s’infiltre sous la tente. Cela va aider à conserver votre chaleur un peu plus.
- Creusez un trou dans le vestibule de tente pour vous asseoir. C’est plus facile d’enfiler ses bottes le matin. Si vous prévoyez cuisiner dans votre tente, faites des étagères de chaque côté du trou pour y ranger votre réchaud et vos gamelles. Le froid s’engouffrera également dans le trou, laissant votre couchette plus chaude.
- Couchez-vous et modelez la neige sous votre corps à l’endroit où vous dormirez, pour éviter qu’il y ait une bosse encombrante au moment du couché. Essayez d’avoir les pieds plus bas que la tête; cela favorise la circulation et vous risquez moins de geler des pieds pendant la nuit.
Double toit seulement
Cette option concerne les tentes dont le double toit peut fonctionner indépendamment de l’intérieur de tente. C’est pratique pour ceux qui progressent en solo ou qui veulent voyager plus allège. L’avantage est que c’est aussi rapide à monter qu’une tente, mais que c’est plus léger et plus compact. De plus, en ayant l’intérieur de tente en moins, c’est plus spacieux.
Le désavantage majeur est qu’il n’y a pas de plancher de tente. Une simple bâche bleue peut faire l’affaire, mais il faut faire attention de bien taper la neige sur les côtés, afin d’éviter qu’il y en ait sur le sac de couchage. Pour pallier à ce problème, il est possible de creuser des tranchées entre le bord de la bâche et le mur de la tente. De plus, monter des murs de neige extérieurs autour de la tente devient essentiel pour couper du vent.
Abris de neige
Quinzy
Un quinzy est un abri de neige en forme de dôme, parfois confondu avec l’igloo. Le principe consiste à faire une montagne de neige et de creuser une cavité à l’intérieur.
Les avantages des quinzys sont les suivants : il ne nécessite aucun matériel sauf une pelle pour la construction et une bâche de fond, donc c’est bon pour les voyages légers. La construction, une fois gelée, est très solide; c’est le meilleur abri pour vous protéger des éléments extérieurs comme le vent, la neige et le froid. Il conservera la chaleur à l’intérieur mieux que n’importe quel autre abri. Une fois une simple chandelle allumée, la température se maintiendra autour de 0°C à 4°C, et ce, même s’il fait -20°C dehors. Finalement, vous pouvez le construire à la taille de vos besoins.
Malgré ses nombreux avantages, il y a des inconvénients : il est long à construire, très long! Pour des questions de sécurité, il faut laisser la neige durcir un moment avant d’évider l’intérieur. On parle ici de quelques heures lorsque la neige est chaude, collante et humide, et d’une nuit quand elle est froide, poudreuse et en sel. Creuser l’intérieur est aussi un long travail. Finalement, si la construction est mal faite, le toit peut s’effondrer sur les occupants et c’est plus lourd qu’un double toit de tente…
La construction d’un quinzy se fait comme suit :
- TOUJOURS GARDER LA SÉCURITÉ EN TÊTE! Si la neige n’est pas adéquate, faites autre chose : un tombeau, montez une tente ou ne dormez pas dehors ;-)
- Délimitez un cercle de la grosseur du quinzy et tapez bien ce cercle. Il faut ensuite pelleter de la neige à l’intérieur du cercle pour monter la montagne.
- L’idéal, c’est d’avoir une personne en permanence sur le tas de neige avec des raquettes pour compacter la neige au fur et à mesure que les pelleteurs en lancent.
- Une fois la montagne faite, plantez des bouts de bois à 30cm de profondeur partout sur le tas de neige. Ce sera votre repère pour ne pas creuser trop loin. Si vous n’avez pas de bois (lac, plaine) prenez vos skis, bâtons, avalanche probe, n’importe quoi à votre disposition. Si jamais vous n’avez même pas ça, creusez pendant le jour, et quand vous commencez à voir la lumière à travers la neige, arrêtez. Ou PIRE, la nuit, ouvrez une frontale ou un fanal à l’extérieur.
- Trouvez un endroit pour la porte (caché du vent, pratique, en aval si vous êtes en pente, etc.) et commencez à creuser. L’idée est de faire un dôme relativement égal.
- Quand vous creusez, gardez en tête qu’il va vous falloir un « matelas » de neige d’environ 50cm d’épaisseur, donc ne creusez pas jusqu’au sol. Ce sera pour vous isoler de la fraîcheur et l’humidité du sol. Au bout du matelas, au niveau de la porte, creusez plus bas pour que le froid y descende. L’ouverture de votre porte devrait être plus basse que votre matelas.
- À l’extérieur, devant la porte, faites un haut mur de neige et une entrée en « L » pour éviter que les bourrasques de vent entrent.
- IMPORTANT : faites des trous d’aération d’environ la grosseur du poing dans les murs du quinzy pour évacuer l’humidité et renouveler l’oxygène. Environ 1 trou par personne.
- C’est maintenant terminé! Il vous reste juste à mettre une bâche au sol, un sac devant la porte pour diminuer le vent (pas hermétique bien sûr!) et une chandelle pour chauffer et cristalliser votre chaleureuse demeure. J
Tombeau
Quoi de plus excitant que de dormir dehors dans un abri que vous avez construit, sans avoir la crainte que le toit ne s’effondre sur vous. Le tombeau est un excellent compromis pour les adeptes d’abris de neige, mais il est bien plus long à installer qu’une tente. Il est donc idéal en cas de perte de l’abri principal ou pour un campement de longue durée. Voici les étapes de sa construction :
- Installez votre bâche au sol pour délimiter la grosseur du toit, puis décidez de l’aménagement intérieur (emplacement des lits)
- Commencez à creuser à 30 cm à l’intérieur de la limite de la bâche
- Creusez en montant des murs
- Lorsque vous aurez des murs assez hauts, c’est-à-dire que vous pouvez vous tenir debout sans accrocher le toit, il est temps de creuser votre porte
- Pour ce qui est des lits, ils doivent idéalement être surélevés par rapport au sol.
- Si vous faites un tombeau pour une seule personne, il est préférable de mettre la porte du côté opposé du lit, sinon, mettez la porte entre les deux lits. (Un corridor coupe-vent est préférable!!) Une porte pleine-grandeur est préférable pour les tombeaux à deux, même si elle est difficile à boucher la nuit, car elle est plus pratique pour entrer ou sortir. Sinon, une simple entrée dans laquelle on glisse peut être parfaite.
- Installez votre bâche par-dessus votre tombeau. Attachez les coins et les bords avec des deadmans ou de piquets à neige. Enterrez les rabats (attention aux coups de pelle dans vos murs). Installez une perche en plein milieu. La perche peut être un ski, des bâtons de ski, une branche, votre équipier, etc. Pourvu que ça tienne!
- Une fois votre toit placé, par mesure de sécurité, interdisez le passage autour de votre tombeau.
Il existe différents types de tombeaux, et celui avec une bâche est certainement le plus confortable, pourvu qu’il soit bien construit, et que vous ayez un lit surélevé. La nuit venue, vous n’avez qu’à boucher l’entrée avec un sac, de la neige ou votre équipier. Si vous fermez la porte avec de la neige, prévoyez un « pipi spot » intérieur.
La limite de votre abri est votre imagination. N’hésitez pas à innover et trouver l’abri qui convient le mieux à vos besoins. Lors de votre prochain séjour hivernal, amusez-vous et…faites de beaux rêves!
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Le monde merveilleux des tissus techniques
Ça mange quoi en hiver du Goretex ?
Ah les joies de magasiner des vêtements de plein air ! On regarde les derniers models, on touche aux tissus qui sont sans cesse plus légers, on semble bien connaître son affaire... jusqu’à ce qu’on jette un coup d’oeil sur la petite étiquette avec plein de beaux dessins et des noms de technologies inconnus. Dans cette série d’articles, je tenterai d’expliquer les concepts de base qui entrent dans la composition de vos vêtements et sacs de couchages de plein air pour vous aider à faire les meilleurs choix lors de votre prochain achat.
Tout d’abord, séparons un vêtement en trois parties : Le tissu extérieur, l’isolant et le tissu intérieurs. Un manteau de pluie ne sera composé que d’un tissu extérieur, mais un vêtement isolé intégrera généralement les trois éléments, de même qu’un sac de couchage.
L’extérieur
C’est ce qui vous protège des éléments, du vent et de la pluie. Le tissu extérieur d’un vêtement technique doit répondre à plusieurs critères qui sont souvent contradictoires : Il doit être résistant mais léger, imperméable mais respirant. Pour ce faire, les fabricants adoptent principalement 3 stratégies.
1-La microfibre
En utilisant des fils très fins tissés serrés, on obtient une étoffe qui résiste bien au vent, est solide et très respirante. L’eau peut toutefois la traverser facilement car elle n’est pas techniquement imperméable. C’est ce qu’on retrouve dans des coupe-vents ultralégers et recouvrant la majorité des sacs de couchage. Les manteaux en microfibre ajoutent beaucoup de chaleur pour un poids qui peut descendre dans les 100 grammes pour certains modèles.
Quelques exemples : Manteau Breeze de MEC, Marmot Ion.
Performe mieux pour : Tout type d’activité à haute intensité où le risque de pluie intense est limité. Par exemple, l’hiver en ski et raquette, l’été en courte randonné ou course à pied. Les vêtements en microfibres vous garderont au sec lors de faible pluie passagère. Un sac de couchage en microfibre sera plus respirant, ce qui est aide à évacuer l’humidité, mais moins résistant à l’eau et au vent. Il convient donc mieux si vous prévoyez dormir dans une tente. Certains tissus peuvent toutefois surprendre par leur résistance à la pluie, mais ils ne se retrouvent que dans les sacs de couchage haut de gamme.
2-Microfibre enduite de polyuréthane
Pour améliorer l’imperméabilité de la microfibre, certains fabricants la recouvrent d’un enduit de polyuréthane mince qui laisse passer l’humidité. Les avantages sont une meilleure résistance à la pluie pour un poids à peine supérieur et un prix très raisonnable. On perd toutefois un peu du côté respirant du tissu, mais le procédé a beaucoup d’adeptes. Par contre l’enduit étant à l’extérieur, la durée de vie du vêtement semble limitée à 3 ou 4 années après quoi l’imperméabilité est affectée.
Quelques exemples : Marmot Precip, MEC Hydrofoil 3.
Performe mieux pour : pratiquement tout type d’activités de plein air intenses, utilisé comme coupe-vent et manteau de pluie. Cette technologie se retrouve rarement dans les sacs de couchage.

3-Membrane laminée de PTFE
Le fameux Goretex et compagnie, souvent imité, égalé ou peut-être même dépassé ? Les vêtements laminés sont composés d’une étoffe extérieure, d’une membrane poreuse et d’un revêtement intérieur laminés ensemble. On peut rarement voir la membrane imperméable/respirante car elle se situe entre les deux autres couches. Le produit fini est plus lourd que les deux précédents et beaucoup moins respirant. Il est toutefois plus imperméable et convient bien pour des activités de basse intensité ou lors de pluies diluviennes. Le prix des vêtements en Goretex et autre est malheureusement très élevé.
Les vêtements laminés ne sont toutefois pas tous créés égaux : certains sont plus performants que d’autre. Le Paclite par exemple, qui est très populaire, ne respire pratiquement pas ! Le Goretex XCR est un peu mieux, mais on se retrouve rapidement trempé de l’intérieur lors d’activités intenses. Le problème c’est que pour avoir un transfert de vapeur efficace, il doit y avoir une différence de température et d’humidité significative entre l’intérieur du vêtement et l’extérieur. On voit le problème venir de loin : s’il pleut, la température extérieure n’est donc pas très froide et l’humidité relative est élevée. Le taux de transfert de la vapeur d’eau sera très faible. Les vêtements laminés fonctionnent bien mieux en montagne où l’air est frais et sec.
Pour contrer l’effet sauna, les fabricants ont donc mis sur le marché d’autres types de membranes plus respirantes comme le Windstopper, qui arrête le vent complètement mais qui n’est pas imperméable. On le retrouve souvent dans les vêtements de ski, les sacs de couchage et les softshell.

Quelques exemples : Trop pour en nommer ! Depuis l’expiration du brevet de Gore, tout ce qui a une mention « laminé » entre dans cette catégorie. Il y a toutefois des différences de performance notables entre les marques qui feraient un bon sujet pour un article futur.
Performe mieux pour : les activités hivernales ou d’été à faible intensité, ou si on veut le maximum de protection contre la pluie. Les vêtements et sacs de couchage laminés ont toutefois tendance à givrer de l’intérieur par grand froid et à condenser par temps frais et humide. Si vous camper sous une bâche ou à la belle étoile, un sac de couchage laminé de Dryloft ou Windstopper le rendra plus résistant au vent, à la pluie et à l’abrasion en général. Il sera toutefois plus lourd et moins compressible.
Les coquilles souples
Généralement composées d’un tissu solide et extensible traité pour résister à l’eau et d’une couche isolante en polyester (laine polaire), les coquilles souples excellent sous plusieurs conditions similaires à la microfibre. Elles sont toutefois dispendieuses et lourdes car plusieurs sont laminées avec une couche de Windstopper ou Windbloc.
Le denier
C’est le poids en gramme de 9000 mètres de fil. 9 Km de fil de 20 denier pèsera donc seulement 20 grammes, d’où le nom microfibre.
Pour terminer
La prochaine fois que vous magasinerez, gardez en tête ces concepts de base et vous serez en mesure de mieux vous équiper avant de partir à l’aventure !
À vous de trouver ce qui vous conviens






